La performance des fonds en euros sous tension

Les dettes d’entreprises et d’Etats, appelées « obligations », représentent l’essentiel des actifs des supports en euros. Or, en 2019, la rémunération de cette catégorie d’actifs dont les assureurs sont amenés à faire l’acquisition a fortement chuté.
 

Un environnement d’investissement obligataire inédit

Si le phénomène de baisse de rémunération des dettes des Etats européens n’est pas nouveau (cf. graphique ci-contre), son accélération en 2019 est inédite. Certains Etats ont même emprunté en proposant une rémunération négative ; fin août, l’Etat allemand a ainsi proposé un emprunt sur 30 ans rémunéré, à -0,19 %, pendant que l’emprunt à 10 ans de l’Etat français tombait lui à -0,44 %. En moyenne, l'Etat français aura emprunté à un taux moyen de 0,11 % en 2019. Selon nos analystes et les dernières déclarations de Christine Lagarde, présidente de la Banque Centrale Européenne, cette situation devrait durer.

Evolution des taux à 10 ans en France à long terme en %
Evolution des taux à 10 ans en France à long terme en %

Evolution des taux à 30 ans et à 10 ans en Allemagne en 2019 en %
Evolution des taux à 30 ans et à 10 ans en Allemagne en 2019 en %

Les émissions de dette de la France et le coût d'emprunt moyen

Quel avenir pour la rémunération des fonds en euros ?

En 2019, la rémunération moyenne des fonds en euros devrait s’établir à 1,2 %*. Après application des 17,2 % de prélèvements sociaux, les supports en euros auront donc offert en 2019 une performance moyenne nette inférieure à l’inflation : 0,99 % versus 1,2 %**. Même si la baisse du taux de rendement des supports en euros est un phénomène continu depuis 1990 (cf. graphique ci-contre), 2019 serait la seconde année où placer son épargne sur un support en euros ne compense pas l’inflation ; cette situation ne s’était pas constatée depuis le début des années 80 où l’inflation atteignait 14%.

* Prévision du cabinet Good Value for Money.
** Prévision d’inflation en France pour 2019 – source Banque de France.

Evolution des taux des fonds en euros et de l'inflation depuis 1989

Source : site internet www.capital.fr

Cette baisse de la rémunération des supports en euros est une tendance qui devrait se prolonger. En effet, pour des raisons prudentielles, les gérants des actifs des supports en euros sont tenus de continuer à investir dans cette catégorie d’actifs pas ou très faiblement rémunératrice ; cela a pour effet de diluer la rémunération moyenne du portefeuille obligataire qu’ils détiennent déjà. Ces obligations au rendement extrêmement bas continueront à peser sur la performance des supports en euros dans les années à venir, quand bien même les gérants mettent tout en œuvre pour diversifier leurs investissements pour pallier cette situation.

Quels impacts pour les épargnants ?

Cette situation doit donc amener l’épargnant, qui privilégie la performance à la sécurité, à revoir la répartition de son épargne entre support en euros et supports en unités de compte. Ces derniers, s’ils présentent un risque de perte en capital à court terme permettent en effet de profiter du potentiel des marchés financiers sur l’horizon de placement recommandé de moyen/long terme de l’assurance vie.

Document non contractuel d'information générale, à jour au 02/01/2020

Prendre un rendez-vous

Versements et arbitrages programmés en assurance vie : une bonne idée dans un environnement de marchés agité

Un moyen efficace pour éviter d’investir son épargne au plus mauvais moment ...

L'assurance vie : un placement de confiance pour constituer un complément de retraite

Comme vous le savez, l’avenir du système de retraites est plutôt incertain. ...

Fonds en euros et unités de compte, comment diversifier son assurance vie ?

Depuis plusieurs années, les rendements des fonds en euro s’érodent progressivem ...